Liens 174 : Franz STOCK, témoin de la fraternité européenne

Liens 174

Le 24 février 1948, il y a tout juste 70 ans, mourait à Paris, à l’âge de 44 ans, un prêtre allemand exceptionnel, qui s’était dépensé jusqu’à l’épuisement au service de ses frères français internés durant la guerre.

Originaire de Westphalie d’une famille ouvrière, il fut sensible très tôt, dès 1918, à la paix entre la France et l’Allemagne. Amoureux de notre pays, qu’il sillonna durant ses vacances en tant que séminariste, il adhéra à l’Association des “ Compagnons de St François ” regroupant des jeunes gens issus des deux pays et désireux de vivre une expérience chrétienne de fraternité par delà les blessures héritées de la guerre. En 1926, près d’Etampes, 10.000 d’entre eux s’étaient rencontrés pour partager la prière et l’amitié ; Puis vint la grande crise économique qui amena Hitler au pouvoir en Allemagne. Ordonné prêtre en 1932, Franz fut nommé à la paroisse allemande de Paris de 1932 à 1944.

Sa véritable vocation naquit lors de l’Occupation, lorsqu’il fut chargé d’assister les milliers de prisonniers français internés au Cherche-Midi ou à Fresnes. On a évalué qu’il a accompagné personnellement jusqu’au peloton d’exécution au Mont Valérien, près de 1.000 condamnés à mort par les autorités militaires, qu’ils aient été chrétiens ou non.

Il s’était également engagé auprès des familles des prisonniers, risquant sa vie en passant des messages ou des lettres.

La dernière étape de son parcours terrestre eut lieu à la libération. Prisonnier de guerre au milieu de ses camarades vaincus, il fut choisi par les autorités militaires et ecclésiales françaises pour diriger le “Séminaire des Barbelés” regroupant près de 1.000 soldats allemands séminaristes prisonniers à Chartres ; 600 seront ordonnés prêtres, une fois libérés.

Lors de son dernier discours officiel, en novembre 1947, il les envoya comme “artisans de la réconciliation” pour reconstruire une Europe nouvelle fondée sur les valeurs de justice et de paix.

Père François-Laurent Cœur