Liens n°144 : Des voeux aux nouvelles qui glacent

Alors que nous échangeons chaleureusement des vœux de paix pour la nouvelle année, la nouvelle de ces crimes épouvantables perpétrés à Paris nous glace…
Comment réagir ? Que faire ? Notre sentiment d’impuissance face à tout
cela ne doit pas nous faire tomber dans différents pièges.
Le premier piège est celui du découragement ; on ne peut rien faire ; c’est la
fatalité ; tout cela ne dépend pas de nous et nous dépasse infiniment... Le
deuxième piège est celui de la peur, qui souvent nous fait exagérer les dangers potentiels, craindre en permanence pour nos proches : c’est d’ailleurs
bien ce que cherchent les terroristes, à nous terroriser.... Le troisième piège
est celui de la réponse violente à la violence, y compris dans nos paroles,
confondant tout, l’Islam et les violences, le politique et le religieux...
Mais alors quelle peut être notre façon de réagir face à cela ? Comme toujours, c’est une invitation à vivre vraiment la douceur évangélique (qui peut aussi être fermeté face aux risques de dérives radicales), à témoigner de la manière dont le Christ a réagi face à la violence de la croix, par le pardon et la lutte contre le mal. Bref, nous avons à balayer devant notre porte tout relent de violence, de jalousie, de haine, de racisme... C’est ainsi que nous pouvons agir petitement, mais le Royaume de Dieu est ce petit germe qui porte un fruit infini.
Et en particulier, en ces jours où nous allons prier pour l’unité des chrétiens
(de nombreuses propositions sont faites dans la paroisse), nous devons essayer de vivre cette communion des cœurs à l’intérieur même des communautés chrétiennes, et chasser tout germe de division, de haine, de jalousie...
Notre pape François nous invite à regarder ces « maladies spirituelles » qui
peuvent guetter tout groupe de chrétiens, y compris la paroisse, dit-il (nous
pourrions relire utilement le texte qu’il adresse à la curie où il évoque
quinze « maladies spirituelles » de la vie de tout baptisé) : quels sont les
moments où nous divisons plutôt que nous ne favorisons la communion ?
Quelles sont les critiques stériles et parfois destructrices, qui ne servent à
rien sinon à « assassiner » les personnes ou les façons différentes de prier,
de célébrer, de vivre la foi... ? Ne créons-nous pas parfois des clans, des
clubs fermés aux autres, ou pire encore qui divisent ?
Que le Seigneur nous donne la grâce de chercher à accueillir la communion
avec nos frères, même ceux qui nous agacent... Ainsi nos vœux de paix
porteront du fruit !

Père Etienne Maroteaux