Mensonge – Vérité – Miséricorde

Que nous dit le Nouveau Testament du mensonge ?

Il est clairement dénoncé à travers une injonction revenant comme un refrain :
« que votre oui soit oui, que votre non soit non » (Mt 5, 37 ; Jc, 5, 12 ; 2 Co 1, 17). Il s’agit donc de tenir une cohérence de vie, d’avancer de façon claire et droite. Le double jeu ne peut être une situation sereinement admise par un chrétien. Pour la vie de l’Eglise, le mensonge est aussi dépeint comme une atteinte à la cohésion
du corps. Il menace en profondeur notre solidarité dans le Christ : « Dîtes-vous la vérité, car nous sommes membres les uns des autres » (Eph 4, 25). Ainsi, c’est une humanité nouvelle marquée par la loyauté et la confiance que fait advenir le baptême, nouvelle naissance : « ne vous mentez plus les uns aux autres : vous
avez dépouillé le vieil homme et revêtu l’homme nouveau » (Col 3, 9).

Et pour nous chrétien, qu’est-ce que la vérité ?

De façon surprenante, elle ne s’oppose pas en premier lieu au mensonge. Bien plus que la conformité au réel, la vérité portée par l’Evangile est tout à la fois la « Parole du Père » et celui en qui elle s’incarne, le Christ lui-même. « Je suis le chemin, la vérité, la vie ». (Jn 14, 6). Finalement pour nous chrétiens, choisir la vérité, c’est choisir une personne : le Christ. Certes, sa lumière met au jour nos
compromissions, mais sa Parole nous motive à déposer les masques du mensonge et de la duplicité : « La vérité vous rendra libre » (Jn 8, 32).

En chemin vers la Pentecôte, nous appelons pour notre société et pour nousmêmes dans notre propre combat spirituel, Celui qui nous aidera à « marcher dans la vérité » (2 Jn 4, 3) : l’Esprit-Saint, « Esprit de vérité » (Jn 14, 17).
Sans nul doute, cet Esprit est celui du Christ miséricorde : au coeur qui se repend et fait la vérité, il souffle que rien n’est « impardonnable ».

P. Etienne Guillet